Diary Erin

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17 juillet 2010

Au coeur de la nuit


Il y a des fois où la force fait défaut, où la carapace se fend. Alors les larmes coulent une à une ou bien à flot, bruyamment ou silencieusement.

Il y a des fois où on en veut à une ou deux personnes, puis très vite à personne en particulier. Où c’est juste la vie qui prend toute la rancœur qui nous bouffe le cœur. Elle a bon dos la vie. Elle ne nous en veut jamais de lui jeter à la figure qu’elle est injuste. Elle reste stoïque quand nous on ne peut pas… plus.

Il y a des fois où on a conscience que seul un grain de sable vient fléchir l’équilibre qu’on a atteint. Ce grain de sable minuscule prend alors l’apparence d’une monstruosité. On sent la bile montée, la rancœur, le découragement… On n’arrive plus à raisonner, à réfléchir froidement. On tente de comprendre, d’expliquer aux autres… Mais on sait dans le fond de son cœur que la réponse est en nous et seulement en nous. Mais on ne fonctionne plus vraiment comme il faut. On ne fonctionne plus vraiment tout court. On se laisse envahir par des pensées qui tournent et retournent et retournent encore et encore. Elles laissent leur trace sur notre visage… une barre au front, des yeux dans le vague, une bouche amère… un besoin de solitude, de silence, pour mieux se cacher qu’on n’a surtout besoin des autres, de parler, de partager son fardeau devenu si lourd. On essaye de se mettre en retrait mais on ne leurre personne… et surtout pas ceux qu’on essaye de protéger.

Alors on devient plusieurs à souffrir. Plusieurs à cogiter. Plusieurs à angoisser…

Pour quel résultat ? Pour profiter encore moins de ces moments de bonheur. Tous ces moments de bonheur à savourer que notre vie si équilibrée nous offre sur un plateau… Car elle n’est pas rancunière la vie… Nous seuls le sommes…

Le bonheur ce n’est ni un endroit, ni un compte en banque toujours en vert… Le bonheur c’est des personnes, qui s’aiment, ensembles, qui partagent, qui se soutiennent, qui se comprennent, qui parlent… Le bonheur ce n’est pas la recherche de quelque chose. Ni d’accessible, ni d’inaccessible. Le bonheur c’est là maintenant…

Le mien s’appelle FDP et la Sauterelle… Il est là mon bonheur…

Et pourtant c’est aujourd’hui que je craque. C’est maintenant que j’en veux à la vie… C’est ce soir que les larmes jaillissent et se coincent dans la gorge tour à tour… C’est ce soir que je me retrouve seule devant mon clavier avec les deux personnes qui me sont les plus chères endormies à quelques pas de moi. C’est là, maintenant, ici, que mes doigts qui s’agitent pour écrire ce chagrin qui s’apaise quelque peu. Suffisamment sans doute pour que dans quelques minutes j’arrive à me coucher et tente peut être avec succès de dormir… mais certainement pas du sommeil du juste.

Mais demain ? Demain me verra-t-il à nouveau forte, raisonnable, avec toute ma capacité d’analyse ? Demain sera-t-il la continuité de ce jour ?

Quand cessera cette torture mentale que je m’inflige ? La réponse est en moi mais je ne la trouve pas… Je n’arrive pas à arrêter mon choix une bonne fois pour toute. Je n’arrive pas à faire comme d’habitude. Lorsque je prend les problèmes à bras le corps et que je bataille contre. Lorsque je réfléchi froidement et que je fais tomber une à une les barrières. Lorsque je suis courageuse et que je grimpe la montagne à la seule force de mes mains. Lorsque je met tout en œuvre pour que ça réussisse…

Pour l’instant je reste sur le coté, je regarde le train de la vie passer et je rêve à ce véritable bonheur complet pour lequel je ne sais pas me battre.

Mais il y a toujours mon FDP… mon étai, mon propulseur, mon équilibre, mon filet de protection, mon… Aimé…

Et rien que pour ça le bonheur est là… Cependant mes larmes coulent encore… seules dans la nuit… mes doigts courent sur le clavier alors qu’ils devraient le faire sur son corps… Je m’isole… me renferme… me cache… Et livre mes pensées à d’autres…

Quelle ironie !

10 juin 2010

Sas de décompression


Je suis en vacances donc… mais avec quelques petits impératifs tout de même… Ne serait-ce que faire ces maudites lettres de motiv et la déclaration des impôts alors que pourtant c’est plutôt “circulez ! y’a rien à voir !!!”…

J’en profite pour bien décompresser. Tellement que mes malaises reprennent… Faut pourtant que j’arrive à trouver un doc qui arrête de prendre ça pour de la dépression. Merde il n’y a que la doc du campus qui peut voir que ce n’est que ma tension qui fait les montagnes russes ?

Donc, je ne fais pas grand chose de mes journées. Cependant, je travaille, doucement mais surement, sur un nouvel habillage de ce lieu. J’ai déjà l’image, la palette des couleurs d’écriture, ne me reste plus qu’à mixer tout ça dans une petite feuille de .css… autrement dit dans un fichier donnant toutes les indications pour que ça soit tout beau.
Je voulais en profiter pour changer le nom, puisque je vais également changer d’hébergement. Mais mes neurones étant visiblement en vacances également, je n’ai rien trouvé de génial… ni même d’un peu sympa. Alors si vous avez des idées… N’hésitez pas surtout ;-)

Pendant le temps qu’il me reste avant d’avoir ma tornade à la maison, je devrais faire du tri et du rangement dans mes cours. En profiter pour aussi faire quelques petites fiches récapitulatives, quelques lectures intéressantes… Mais si j’y pense en me couchant, durant mes nuits fort agitées et en me réveillant, une fois que je suis levée j’ai un manque d’énergie particulièrement paralysant le moindre désir de faire quelque chose d’un peu… énergique (?)
Alors je procrastine… Dans mon cas, je dirais que je suis une procrastineuse parce que perfectionniste et avec peur de l’échec car “lié à une éducation exigeante”… Oui je peux bien l’avouer, je le suis tout au long de l’année… C’est un trait de ma personnalité, au même titre que ma timidité, mon perfectionnisme, ma gentillesse…

Bref je suis en sas de décompression, et si je dois y rester autant qu’un plongeur après une plongée, je ne suis pas près d’en sortir !

26 mai 2010

Cueille le jour...


Le soleil brille et chauffe le fer des persiennes du bureau. Elles sont entrebâillées mais quelques rayons filtrent et jouent sur le parquet à travers les rideau d’organza. Les lourds rideaux du salon sont clos, atténuant la lumière du matin dans la pièce. Elle reste claire cependant, aussi claire qu’un matin d’hiver.

J’écoute “Excalibur - La légende des Celtes”. je viens de petit-déjeuner. Ma tasse de thé à la bergamote et son nuage de lait côtoient ma souris et son tapis. Je me suis calée dans mon fauteuil devant mon écran qui brille malgré la pénombre. Devant moi la page blanche. Je pianote et je regarde ces tâches noires qui forment une chaîne… ou plutôt un train. Petit tortillard qui va lentement par la campagne, par la montagne, grimpant ardemment les pentes raides, flânant sereinement à travers la végétation luxuriante du printemps chantant… Je suis en vacances…

Trois semaines après les autres, je suis enfin en vacances après une année universitaire plus qu’éprouvante. J’ai fini hier par le partiel que je n’avais pas pu passer en décembre à cause de la neige. J’ai vécu des moments difficiles depuis l’arrêt des cours. Mais tout cela est fini. Je ne crois pas trop m’avancer en disant que j’ai obtenu mon DEUG. J’ai parfois encore de la peine à croire que je viens de terminer ma quatrième année d’étude. Quatre ans que j’ai repris ma vie en main de ce coté là. Quatre ans que j’ai décidé de ne plus subir une fausse fatalité, un jugement plus que partial me condamnant à n’être que l’ombre de moi-même, à ne penser que je ne vaux rien et que je ne ferai jamais rien de ma vie.

Bien sur parfois je regarde tout ça comme une revanche sur la vie mais plus encore une revanche sur celle qui m’a insidieusement distillé, année après année, toute cette mésestime de moi. Pour autant ce n’est pas ce qui me vient à l’esprit lorsque je sombre au point d’envisager de tout arrêter. Dans ces moments là j’ai comme un sursaut et je cherche au plus profond de moi la motivation qui va m’aider à remettre le pied à l’étrier. Et ce n’est pas la revanche qui me pousse. Non pas du tout. C’est beaucoup plus positif que ça. C’est un mélange entre ma curiosité, mon envie et ma soif d’apprendre et ce désir si profond d’enfin atteindre mon rêve de toujours. L’effleurer déjà serait bien… Même si les probabilités que je l’atteigne me sont moins favorables qu’il y a quelques vingt-quatre ans, il existe toujours au moins une chance. Et je la saisirai, coute que coute. Je mesure le chemin que j’ai déjà parcouru et celui qui me reste encore à parcourir. Et je suis suffisamment réaliste pour savoir que chaque semestre réussi est une sacrée victoire, que la prochaine étape importante est de décrocher ma licence… tout le reste sera du surplus comme le dit si bien mon Espoir à sa fille.

Pour autant je continue mon parcours stratégiquement toujours dans la même optique, celle qui me mènera à la réalisation de mon rêve. La voie que j’ai choisi pour y parvenir me plaît énormément. Grâce aux deux choix de cette année, j’ai pu, à travers plusieurs dossiers, toucher du bout du doigt des sujets passionnants. Même si la rédaction s’est parfois faite dans la douleur et in-extremis, je m’y suis épanouie. Et ils furent couronnés de succès. j’en ai même un que ma prof nous a demandé de transmettre à une de ses collègues. J’en suis fière !

Dans mes moments de doute, je repense aussi à ces encouragements que cette enseignante ne manque pas de m’adresser à chaque fois que nous discutons ensemble. Avec elle j’ai vécu des moments appartenant à mon image de l’université. Dans celle-ci faisaient partis ces moments de partage, d’échanges d’idées, d’ouverture d’esprit, d’esprit critique (qui n’est pas forcément négatif loin de là). Ces moments que je n’avais vu que dans des films. La réalité fut tellement meilleure… J’ai tellement apprécié ses “on se revoit l’année prochaine j’espère !” plein de promesses. Elle est mon Mr Keating à moi, mon “Capitaine, oh mon Capitaine“…

Je suis en vacances et pour autant je ne parle que de l’université… Peut être parce que c’est l’un des deux seuls sujets très positifs de ma vie.. et que je ne peux pas parler de l’autre… il est bien trop intime… Il se résume juste à deux mots… Mon Espoir…

Maintenant c’est le vent léger qui joue avec mes rideaux… léger, si léger souffle d’air qui doucement effleure mes épaules nues, ma nuque où seuls quelques fins cheveux se sont libérés de mon chignon. Je me retourne et je regarde mes poissons nager tranquillement, étalant leurs larges voiles qui les font ressembler à des papillons voletant.

Je regarde cette page remplie de toutes ces petites taches noires, infimes traces de moi, de ma vie, de mes pensées… Et je repense à ce petit tortillard déambulant lentement dans la campagne printanière, toute parée de ce vert si tendre des jeunes pousses de conifères, des feuilles toutes jeunes des arbres et arbustes, de ses taches de couleurs si douces des églantiers en fleurs, mais aussi des acacias, des sureaux… et cette essence de printemps qui parfume l’air, savant mélange de fragances fleuries, d’herbes drues, de terre chaude et mouillée après les pluies orageuses de cette nuit…

Je suis en vacances et je ne veux plus penser à toutes ces choses qui finissent par pourrir la vie… tous ces tracas de la vie quotidienne… Je ne veux penser qu’à cette merveilleuse chance de faire ces études qui me plaisent tant et à cet homme merveilleux qui partage ma vie et qui me donne tellement de force quand ça va mal… et tellement d’amour tout le temps…

14 mars 2010

IMPT 14


Ferrat est parti… Et remonte à ma mémoire tout un pan de mon enfance en écoutant l’émission spéciale sur France Inter.

J’ai d’abord été surprise par sa voix lorsqu’il parle… Une voix tellement différente… Puis j’ai écouté les mots de cet auteur compositeur interprète tellement polémique à la maison.
Le Ferrat autorisé était celui des chansons d’amour, des chansons “divertissement”. Ne surtout pas écouter l’homme parler, ne surtout pas écouter le chanteur engagé…

Tandis que moi, celui qui me plaisait était le Ferrat de “Potemkine”. C’est par cette chanson que je l’ai découvert. C’est par elle que j’ai appréhendé le communisme… celui auquel mes grands-parents maternels avaient la carte, parmis les premiers de leur département.
Le gauchiste, le rouge n’avait pas sa place. J’ai souhaité avoir son disque “Camarade”, L’horreur s’est peint sur le visage de ma mère… Et pourtant comme ce mot est beau…

En bonne fille, j’ai fait l’impasse… Ma révolte je l’ai chanté… Et lors des heurts avec ma mère, je fredonnais tout bas  :

“M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan
M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents
Ma mémoire chante en sourdine : Potemkine.”


Aujourd’hui, je redécouvre des textes sur lesquels ma mère s’est butée… et je ne comprends pas… Et je m’en veux de ne pas avoir su aller au dela des interdits familiaux. Je m’en veux de n’avoir été qu’une révoltée de cœur et pas d’action… moi l’utopiste…

“Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s’éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément.”


Comme il a bien chanté cette période que j’aime tant…

11 mars 2010

IMPT 11


En écho à Valérie, je me souviens d’une catastrophe qui a marquée ma jeunesse.

Cela se passe en Espagne en 1978. Un camion citerne s’embrase dans un camping au bord de la mer. J’ai le souvenir de toute l’horreur que nous inspiraient les reportages des journalistes lors des flashs info.

Suite à ce drame, j’ai demandé à ma mère de refaire une partie de ma garde robe. Je ne supportais plus de porter autre chose que des matières naturelles. Comme l’époque était au synthétique, au nylon et autre, j’avais peur.

Quelques années plus tard, j’ai lu un récit relatant les faits dans un Reader’s Digest, mes parents y étant abonnés. Cela a été éprouvant pour moi, mais je ne pouvais m’en empêcher.

5 mars 2010

IMPT 5


Je ne suis pas une sportive. Ce n’est pas que je n’aime pas… C’est juste mon corps qui refuse de suivre. Lorsque je vois un coureur, une cycliste, ça me donne envie. Cela semble si facile.
Mais lorsque je tente, tout doucement pourtant, de m’y adonner…. Catastrophe ! Mon cœur refuse de suivre le mouvement que mon cerveau lui commande. Je viens de me relire, j’ai écrit « cœur » à la place de « corps » dans la phrase précédente. Il y a de ça justement.

En fait, je ne parle pas seulement de maintenant. Je parle de moi depuis toujours. Enfin depuis que je suis pubère.
Avant, pas de problème, j’arrivais à gérer à peu près l’effort. J‘arrivais à persévérer parce que je savais que mon corps allait s’habituer.
Après, j’avais le souffle court au moindre effort. Mon cœur battait à tout rompre. Tellement fort que j’avais l’impression qu’il allait me sortir du torse. J’ai cru mourir plusieurs fois lors des cours d’EPS au collège. Jusqu’à ce que la prof vienne elle-même vérifier mon pouls. Je l’ai vu blanchir et envoyer quelqu’un chercher l’infirmière. Après plusieurs examens on m’a découvert un souffle au cœur. Il est apparu à ma puberté. Et depuis il ne me quitte plus.
Depuis plusieurs années vient en plus mon sur-poids. Aujourd’hui, j’ai du mal à me mouvoir. Je m’essouffle rapidement dès que le terrain n’est plus plat. Même pas besoin de marche… juste une légère pente. A propos des marches justement, j’ai vraiment du mal à les descendre à cause non plus de mon souffle mais de mes articulations. On dirait qu’elles se bloquent.

Je devrais aller voir un médecin, je le sais. Surtout si l’on rajoute, mes migraines, ma fatigue chronique, mes jambes lourdes… je continue la liste ?
Cependant, j’ai beaucoup de mal à me décider à consulter. J’ai bien peur d’entendre le sempiternel discours “perdez du poids et vous n’aurez plus de problème !”
Je n’y avais pas pensé dites donc !!!! Mais en attendant ? Je continue avec mes soucis ? Ben oui !!!! Si encore je n’avais vu qu’un seul praticien ainsi ! Mais je ne pourrais même pas les compter !
Si je combine à cela ma paradoxale peur du diagnostic (à la fois peur de m’affoler pour rien et peur de ne pas assez m’inquiéter et apprendre que c’est grave)…. On peut alors aisément comprendre qu’à 43 ans tout juste, je me sens comme dans le corps d’une grand-mère du double. Et encore ça dépend laquelle ! Quand je vois comment était la mienne à 86 ans !

Comment occuper son temps durant un cours annulé à la dernière minute ? Faire 3 billets IMPT !!!! Et tentez de rattraper un peu de retard… Sauf que maintenant il faut que j’aille ne cours…

4 mars 2010

IMPT 4


J’aime regarder les gens… partout… dans la rue… dans le train… dans le tram… à la terrasse d’un café… Partout où je peux à loisir regarder les gens tranquillement.
J’aime imaginer qui ils sont, leur histoire, leur métier (j’en connais un très fort pour « détecter » les profs ;-) ), s’ils sont mariés, ont des enfants, s’ils sont heureux ou malheureux… Mais j’ai remarqué que bien des fois je me disais qu’ils ressemblaient à quelqu’un de mes connaissances.

Ainsi, ce matin, dans le tram, je regardais une jeune femme, la vingtaine et je me disais que Traou devait être comme elle à son âge. Pourquoi Traou ? Pourquoi ai-je pensé subitement à elle ? Je ne sais pas. Il y a plusieurs semaines je me suis retournée sur une femme. J’avais cru voir Akynou…

Je ne vous parle que des gens de la blogosphère, mais ça m’arrive avec bien d’autres personnes. Par exemple, sur le campus il y a une fille qui ressemble beaucoup à une de mes amies. Elles sont étudiantes toutes les deux. Outre leur ressemblance physique, elles s’habillent avec le même genre de vêtement, dans la même gamme de couleur. C’est troublant parfois.

Je pense que c’est du à un certain sentiment d’insécurité. Alors on projette des images, inconsciemment, pour se sentir plus à l’aise, moins perdu. Attention, ce n’est pas dans mes cours que j’ai lu ça. Juste un cheminement de ma pensée afin de tenter de comprendre. Peut être est-ce de cette façon que se manifeste mon agoraphobie. Car si je n’ai quasiment plus de crise, je sais que c’est toujours là. Sans doute que cela ne me quittera jamais vraiment.

Alors la prochaine fois qui vais-je voir ? J’aimerais pouvoir dire que je vais voir… voyons voir… au hasard… Valérie ? Mais cette fois pour de vrai… Trop envie d’entendre sa voix, et son rire aussi… Une invitation dans la ville des soyeux ;-)

3 mars 2010

IMPT 3


Je sais, je suis en retard…

J’ai des phobies… de multiples. Peur de la foule, du vide, des hauteurs, de l’eau… Mais celle qui est la plus surprenante, et sans doute la plus handicapante au quotidien est la peur des plumes… dans toutes ses déclinaisons, de l’oiseau au duvet.

Tout commence vers mes 3/4 ans. Je suis chez ma grand-mère paternelle, à la campagne. Mes grand-parents sont des anciens agriculteurs… des paysans comme ils aiment à le dire. Ils n’y a plus de vaches fournissant le lait, ni le cheval aidant au travaux des champs. Juste des poules et des lapins. Et moi je batifole dans le jardin, courant après les poules, riant aux éclats. Ou bien je m’attendris devant ces boules de poils soyeux, demandant à mes parents d’en ramener un à la maison, comme doudou.
J’aime regarder ma grand-mère œuvrer. Qu’elle aille couper et ramasser la luzerne pour les lapins, ou qu’elle donne le grain aux poules, je suis dans ses jupes. Lorsqu’elle prépare un lapin pour manger, ou une poule, je suis là également.
Je me souviens de sa manière de dépiauter le lapin, comme un gant que l’on retourne. A cette âge, je n’avais pas conscience que cela impliquait la mort de l’animal. Ou tout du moins c’était normal, dans l’ordre des choses. Et après tout ça l’est !
J’aimais lorsqu’elle plumait une poule, voir toutes ces plumes voler dans tous les sens. Et puis ce tas qu’elles faisaient et que ma grand-mère finissait par faire bouillir dans la grande lessiveuse. Ensuite, une fois séchées, elle en bourrait des édredons moelleux ou des oreillers creux. Quel délice pour s’endormir après une journée bien fatigante à courir dans la campagne !
Un jour, elle avait un canard à préparer. Elle lui coupe la gorge afin de le saigner, puis elle le pend la tête en bas, au dessus d’une gamelle en fer. Elle s’en va alors chercher l’eau pour ébouillanter le volatile avant de le plumer. C’est la première fois que j’assiste à ce spectacle… Je suis fascinée par ce sang… hypnotisée. Et là le canard tombe et s’en va… En fait mon regard de fillette le voit filer… Qu’en est-il exactement ? Il est tombé ça c’est sur, peut être a t-il eu des soubresauts une fois par terre…
Je hurle, de tout mon cœur, de tous mes poumons. La terre s’est ouverte sous mes pieds, une terrible chose s’est produite… Je suis horrifiée ! Je ne peux m’enfuir, je ne peux que regarder… Et je vois du sang gicler, et des plumes voler…. J’ai peur, très peur… et personne ne semble venir à mon secours. Ma grand-mère, ma mère, mon père… aucun ne se précipite… Le temps est suspendu… Je ne vois rien et n’entend rien… Rien d’autre n’existe que ce canard à mes pieds.

Brutalement, je suis ramenée à la “vie” par ma mère qui me gifle, puis me prend tout contre elle, serrée au creux de ses bras. Je l’entend qui crie après ma grand-mère, après mon père. Elle leur dit combien il sont inconscients de laisser une si petite fille regarder un tel spectacle. Elle oublie qu’à mon âge elle n’y voyait qu’une scène banale de la vie quotidienne… Je l’aime de me protéger et je la déteste de l’entendre crier, de disputer ma grand-mère et mon père.

Après la vie reprend son cours… Mais depuis, j’ai du mal a voir le sang gicler… et ne peux toucher ne serait-ce qu’une plume, voir un oiseau près de moi… et j’ai souvent du mal à toucher les pages avec une image (dessin ou photo) d’un oiseau. Il n’y a pas encore si longtemps, je préférais marcher su la route plutôt que sur une plume :

2 mars 2010

IMPT 2


Je n’ai jamais rêver de voler. Jamais rêver de visiter l’espace. Pas plus que l’espace marin. Non, moi quand j’étais petite je rêvais d’être un livre…
J’aurais aimé être cet objet qui contient tant de rêves, d’aventure, d’amour. J’aurais voulu être le réceptacle d’un autre monde. Un monde merveilleux où celui qui lit se perd. J’aurais voulu être ce livre qu’on aime, qu’on lit d’une traite tellement il plaît. Celui auquel on pense avec tendresse et bonheur.
J’aurais voulu être toutes ces pages qu’on feuillette, qu’on tourne avec délicatesse ou rapidement pour ne pas perdre le fil de l’histoire. J’aurais voulu avoir cet odeur de papier et d’encre. Encore mieux… être un livre ancien bien calligraphié, enluminé… fait de parchemin et relié de cuir, du cuir maroquin, du basalte ou du chagrin…

1 mars 2010

IMPT 1


Tu vas leur parler de quoi aujourd’hui ?diablotine
Je ne sais pas… En fait je crois que je n’ai rien à dire d’intéressant…
Parce qu’il faut que ça le soit ?
Ben… Vaut mieux non ? Sinon aucun intérêt… justement !
Vu comme ça… Bon alors ? Que tu es petite ?
Ça ils le savent déjà ! Et puis quel intérêt ? Ils s’en moquent éperdument !!!
Et une anecdote sur ton enfance ?
Valérie le fait déjà… Faut pas copire sur sa copine !!!

Non vraiment je ne trouve rien d’original, ou de spirituel, ou de drôle…
T’as raison, ta petite vie est d’un ennui !!!
Oh toi la petite voix… Retourne jouer avec ta fourche !
T’as même pas une petite anecdote croustillante ? Une perversion à avouer ? Un fantasme à divulguer ? Rien de rien ? Pfffffff tu es d’un ennui mortel !!! Je retourne à mon petit coin d’enfer… là dans ton ça…
C’est malin… ils vont croire que je suis barrée !
Hihihihihi !!!
Tire-toi ou j’t’écrase !

Et bien voilà ! Maintenant vous savez comment ça se passe dans ma tête… Et ça personne ne le savait !

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