Diary Erin

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14 mars 2010

IMPT 14


Ferrat est parti… Et remonte à ma mémoire tout un pan de mon enfance en écoutant l’émission spéciale sur France Inter.

J’ai d’abord été surprise par sa voix lorsqu’il parle… Une voix tellement différente… Puis j’ai écouté les mots de cet auteur compositeur interprète tellement polémique à la maison.
Le Ferrat autorisé était celui des chansons d’amour, des chansons “divertissement”. Ne surtout pas écouter l’homme parler, ne surtout pas écouter le chanteur engagé…

Tandis que moi, celui qui me plaisait était le Ferrat de “Potemkine”. C’est par cette chanson que je l’ai découvert. C’est par elle que j’ai appréhendé le communisme… celui auquel mes grands-parents maternels avaient la carte, parmis les premiers de leur département.
Le gauchiste, le rouge n’avait pas sa place. J’ai souhaité avoir son disque “Camarade”, L’horreur s’est peint sur le visage de ma mère… Et pourtant comme ce mot est beau…

En bonne fille, j’ai fait l’impasse… Ma révolte je l’ai chanté… Et lors des heurts avec ma mère, je fredonnais tout bas  :

“M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan
M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents
Ma mémoire chante en sourdine : Potemkine.”


Aujourd’hui, je redécouvre des textes sur lesquels ma mère s’est butée… et je ne comprends pas… Et je m’en veux de ne pas avoir su aller au dela des interdits familiaux. Je m’en veux de n’avoir été qu’une révoltée de cœur et pas d’action… moi l’utopiste…

“Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s’éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément.”


Comme il a bien chanté cette période que j’aime tant…

11 mars 2010

IMPT 11


En écho à Valérie, je me souviens d’une catastrophe qui a marquée ma jeunesse.

Cela se passe en Espagne en 1978. Un camion citerne s’embrase dans un camping au bord de la mer. J’ai le souvenir de toute l’horreur que nous inspiraient les reportages des journalistes lors des flashs info.

Suite à ce drame, j’ai demandé à ma mère de refaire une partie de ma garde robe. Je ne supportais plus de porter autre chose que des matières naturelles. Comme l’époque était au synthétique, au nylon et autre, j’avais peur.

Quelques années plus tard, j’ai lu un récit relatant les faits dans un Reader’s Digest, mes parents y étant abonnés. Cela a été éprouvant pour moi, mais je ne pouvais m’en empêcher.

4 mars 2010

IMPT 4


J’aime regarder les gens… partout… dans la rue… dans le train… dans le tram… à la terrasse d’un café… Partout où je peux à loisir regarder les gens tranquillement.
J’aime imaginer qui ils sont, leur histoire, leur métier (j’en connais un très fort pour « détecter » les profs ;-) ), s’ils sont mariés, ont des enfants, s’ils sont heureux ou malheureux… Mais j’ai remarqué que bien des fois je me disais qu’ils ressemblaient à quelqu’un de mes connaissances.

Ainsi, ce matin, dans le tram, je regardais une jeune femme, la vingtaine et je me disais que Traou devait être comme elle à son âge. Pourquoi Traou ? Pourquoi ai-je pensé subitement à elle ? Je ne sais pas. Il y a plusieurs semaines je me suis retournée sur une femme. J’avais cru voir Akynou…

Je ne vous parle que des gens de la blogosphère, mais ça m’arrive avec bien d’autres personnes. Par exemple, sur le campus il y a une fille qui ressemble beaucoup à une de mes amies. Elles sont étudiantes toutes les deux. Outre leur ressemblance physique, elles s’habillent avec le même genre de vêtement, dans la même gamme de couleur. C’est troublant parfois.

Je pense que c’est du à un certain sentiment d’insécurité. Alors on projette des images, inconsciemment, pour se sentir plus à l’aise, moins perdu. Attention, ce n’est pas dans mes cours que j’ai lu ça. Juste un cheminement de ma pensée afin de tenter de comprendre. Peut être est-ce de cette façon que se manifeste mon agoraphobie. Car si je n’ai quasiment plus de crise, je sais que c’est toujours là. Sans doute que cela ne me quittera jamais vraiment.

Alors la prochaine fois qui vais-je voir ? J’aimerais pouvoir dire que je vais voir… voyons voir… au hasard… Valérie ? Mais cette fois pour de vrai… Trop envie d’entendre sa voix, et son rire aussi… Une invitation dans la ville des soyeux ;-)

3 mars 2010

IMPT 3


Je sais, je suis en retard…

J’ai des phobies… de multiples. Peur de la foule, du vide, des hauteurs, de l’eau… Mais celle qui est la plus surprenante, et sans doute la plus handicapante au quotidien est la peur des plumes… dans toutes ses déclinaisons, de l’oiseau au duvet.

Tout commence vers mes 3/4 ans. Je suis chez ma grand-mère paternelle, à la campagne. Mes grand-parents sont des anciens agriculteurs… des paysans comme ils aiment à le dire. Ils n’y a plus de vaches fournissant le lait, ni le cheval aidant au travaux des champs. Juste des poules et des lapins. Et moi je batifole dans le jardin, courant après les poules, riant aux éclats. Ou bien je m’attendris devant ces boules de poils soyeux, demandant à mes parents d’en ramener un à la maison, comme doudou.
J’aime regarder ma grand-mère œuvrer. Qu’elle aille couper et ramasser la luzerne pour les lapins, ou qu’elle donne le grain aux poules, je suis dans ses jupes. Lorsqu’elle prépare un lapin pour manger, ou une poule, je suis là également.
Je me souviens de sa manière de dépiauter le lapin, comme un gant que l’on retourne. A cette âge, je n’avais pas conscience que cela impliquait la mort de l’animal. Ou tout du moins c’était normal, dans l’ordre des choses. Et après tout ça l’est !
J’aimais lorsqu’elle plumait une poule, voir toutes ces plumes voler dans tous les sens. Et puis ce tas qu’elles faisaient et que ma grand-mère finissait par faire bouillir dans la grande lessiveuse. Ensuite, une fois séchées, elle en bourrait des édredons moelleux ou des oreillers creux. Quel délice pour s’endormir après une journée bien fatigante à courir dans la campagne !
Un jour, elle avait un canard à préparer. Elle lui coupe la gorge afin de le saigner, puis elle le pend la tête en bas, au dessus d’une gamelle en fer. Elle s’en va alors chercher l’eau pour ébouillanter le volatile avant de le plumer. C’est la première fois que j’assiste à ce spectacle… Je suis fascinée par ce sang… hypnotisée. Et là le canard tombe et s’en va… En fait mon regard de fillette le voit filer… Qu’en est-il exactement ? Il est tombé ça c’est sur, peut être a t-il eu des soubresauts une fois par terre…
Je hurle, de tout mon cœur, de tous mes poumons. La terre s’est ouverte sous mes pieds, une terrible chose s’est produite… Je suis horrifiée ! Je ne peux m’enfuir, je ne peux que regarder… Et je vois du sang gicler, et des plumes voler…. J’ai peur, très peur… et personne ne semble venir à mon secours. Ma grand-mère, ma mère, mon père… aucun ne se précipite… Le temps est suspendu… Je ne vois rien et n’entend rien… Rien d’autre n’existe que ce canard à mes pieds.

Brutalement, je suis ramenée à la “vie” par ma mère qui me gifle, puis me prend tout contre elle, serrée au creux de ses bras. Je l’entend qui crie après ma grand-mère, après mon père. Elle leur dit combien il sont inconscients de laisser une si petite fille regarder un tel spectacle. Elle oublie qu’à mon âge elle n’y voyait qu’une scène banale de la vie quotidienne… Je l’aime de me protéger et je la déteste de l’entendre crier, de disputer ma grand-mère et mon père.

Après la vie reprend son cours… Mais depuis, j’ai du mal a voir le sang gicler… et ne peux toucher ne serait-ce qu’une plume, voir un oiseau près de moi… et j’ai souvent du mal à toucher les pages avec une image (dessin ou photo) d’un oiseau. Il n’y a pas encore si longtemps, je préférais marcher su la route plutôt que sur une plume :

2 mars 2010

IMPT 2


Je n’ai jamais rêver de voler. Jamais rêver de visiter l’espace. Pas plus que l’espace marin. Non, moi quand j’étais petite je rêvais d’être un livre…
J’aurais aimé être cet objet qui contient tant de rêves, d’aventure, d’amour. J’aurais voulu être le réceptacle d’un autre monde. Un monde merveilleux où celui qui lit se perd. J’aurais voulu être ce livre qu’on aime, qu’on lit d’une traite tellement il plaît. Celui auquel on pense avec tendresse et bonheur.
J’aurais voulu être toutes ces pages qu’on feuillette, qu’on tourne avec délicatesse ou rapidement pour ne pas perdre le fil de l’histoire. J’aurais voulu avoir cet odeur de papier et d’encre. Encore mieux… être un livre ancien bien calligraphié, enluminé… fait de parchemin et relié de cuir, du cuir maroquin, du basalte ou du chagrin…

1 mars 2010

IMPT 1


Tu vas leur parler de quoi aujourd’hui ?diablotine
Je ne sais pas… En fait je crois que je n’ai rien à dire d’intéressant…
Parce qu’il faut que ça le soit ?
Ben… Vaut mieux non ? Sinon aucun intérêt… justement !
Vu comme ça… Bon alors ? Que tu es petite ?
Ça ils le savent déjà ! Et puis quel intérêt ? Ils s’en moquent éperdument !!!
Et une anecdote sur ton enfance ?
Valérie le fait déjà… Faut pas copire sur sa copine !!!

Non vraiment je ne trouve rien d’original, ou de spirituel, ou de drôle…
T’as raison, ta petite vie est d’un ennui !!!
Oh toi la petite voix… Retourne jouer avec ta fourche !
T’as même pas une petite anecdote croustillante ? Une perversion à avouer ? Un fantasme à divulguer ? Rien de rien ? Pfffffff tu es d’un ennui mortel !!! Je retourne à mon petit coin d’enfer… là dans ton ça…
C’est malin… ils vont croire que je suis barrée !
Hihihihihi !!!
Tire-toi ou j’t’écrase !

Et bien voilà ! Maintenant vous savez comment ça se passe dans ma tête… Et ça personne ne le savait !

28 février 2010

Challenge


C’est chez Valérie que j’ai trouvé ce jeu. Déjà l’année dernière elle y avait participé, et j’avais beaucoup aimé ce qu’elle nous avait écrit. Cette année elle commence fort, très fort même. Ça m’a donné l’envie de le faire, puisqu’on peut même tricher en antidatant…

Le principe ? Écrire quelque chose sur soi chaque jour du mois de mars. Alors c’est parti… Vous avez un mois pour tout savoir sur moi ;-)

tout ce que vous avez toujours voulu savoir