Petite Anne
le 4 mars 2008, 23:27
Dans tes classeurs de lycée
Y a tes rêves et tes secrets
Tous ces mots que tu n'dis jamais
Des mots d'amour et de tendresse
Des mots de femme
Que tu caches et qu'on condamne
Que tu caches petite Anne
Dans tes classeurs de lycée
Y a du sang et y a des pleurs
Les premières blessures de ton cœur
Les premières blessures
Les premières déchirures
Qui font des bleus à ton âme
Qui font des bleus petite Anne
Dans les cafés du lycée
Faut que tu bluffes, que tu mentes
Autour des diabolos menthe
Quand tu racontes les nuits
Du dernier été
De tous ces premiers amants
Que tu n'as eus qu'en rêvant
Dans tes classeurs de lycée
Y a tes rêves et tes secrets
Tous ces mots que tu n'dis jamais
Des mots d'amour et de tendresse
Des mots de femme
Que tu caches et qu'on condamne
Que tu caches petite Anne[1]
Il y a des moments comme ce soir que l'on attend avec impatience, enthousiaste, fébrile...
Et puis le jour est là... Il traine en longueur... On attend le soir, l'évènement...
L'heure de partir arrive, après quelques catastrophes ménagères... un parquet au fromage blanc, un verre qui se brise...
Bien sur pas de place pour se garer... Bien sur il pleut, il vente, il fait froid...
Mais qu'importe les éléments climatiques... Qu'importe le genoux qui se bloque, la jupe longue où les jambes s'emmêlent en marchant... Qu'importe puisque le moment de magie pointe son nez...
On entre dans le temple... Il y a du monde... On se sent petite... Un brin intimidée... On s'approche du goulet qui nous mènera à l'endroit précis où nous allons vivre cet évènement tant attendu...
On s'installe, mais on sera dérangé plusieurs fois... C'est fou comme ce sont toujours ceux du milieu qui arrivent en dernier.
Enfin les lumières s'éteignent... Puis d'autres s'allument... Un... Deux... Trois... Quatre hommes entrent sous les applaudissements... Et enfin IL arrive. Celui pour qui on est venu.
Alors les mains s'agitent de plus belle, elles se cognent fort, aussi fort que son cœur. On se sent tout chose... Mais ce n'est pas le trac... Quoiqu'en dise l'artiste... Non, c'est la magie, le sentiment d'irréalité... JE suis bien là, assise dans ce fauteuil de théâtre pour voir un artiste que j'aime...
Après trente ans sans faire de scène, il passe ici, dans MA ville, avant son Olympia... Et moi je suis là, à quelques mètres de lui. Je le vois en chair et en os... Et je le trouve toujours aussi bien.
Puis il parle, il chante, il nous fait sourire, rire... Tour à tour il nous emmène dans son monde, dans le monde... Et les souvenirs s'égrennent... au détour d'une chanson ancienne... par les paroles d'une nouvelle... De l'émotion, forte, de celle qui serre la gorge et fait briller les yeux... des textes touchants... touchants de beauté, de réalité, de sentiments...
Un monde mélancolique... comme sa voix. Certes il ne monte plus aussi bien dans les aigus... Il semble avoir un peu moins de souffle... Mais qu'importe ! Moi je l'ai retrouvé... J'ai chanté avec lui... Oh en silence, osant à peine bouger les lèvres... J'ai agité mes pieds dans mes bottines, pianoté sur mes genoux...
Et la chanson qui déchire... Car moi aussi j'en ai rêvé de la grosse pomme... Je n'ai pu me retenir de chanter le refrain en silence...
Et l'artiste et ses musiciens qui s'alignent et saluent.. Et les cris, les sifflets, les mains qui crient notre bonheur, les gens qui se lèvent... Enfin la salle montre un peu son plaisir...
Puis ils s'en retournent tous les cinq. Et les mains qui font mal de frapper... Et les bras qui s'alourdissent... Enfin il revient...
Une, puis deux, trois... quatre chansons, chantées seul, à la guitare... Et une qui fait piquer les yeux... Parce qu'elle touche par son sujet, par sa façon de le dire, de le chanter... "Cet enfant"... qu'on aura jamais...
Et puis c'est fini... On continue d'applaudir parce qu'on a aimé, parce que c'était bien... Tellement qu'on aurait voulu que cela ne s'arrête pas... Pas maintenant... Pas si vite, si tôt...
On se lève, on se rhabille... Et on repart avec dans la tête tout plein de mélodie... Et je repart avec dans l'oreille mon Espoir qui chantonne la même chanson...
On fumait des Gauloises bleues
Qu'on coupait souvent en deux
Les beaux jours
Ça valait bien un billet non ?
alors...
Notes
[1] Diabolo menthe est dédiée à Anna, ma poupée rousse... en souvenir de ce que je fus... de ce qu'elle est...
Commentaires
Ah la la je t'envie mais je t'envie tu n'imagines pas à quel point. Et toutes ses chansons qui me reviennent... je n'ai que des trente trois tours impossible à écouter... tiens je vais faire un tour chez Deezer moi
Et merci Erin ! C'est si bon de te lire et d'écouter Yves Simon.
"Car, comme un nouveau riche, Sarkozy qui adore montrer sa Rollex, s’est trouvé une Rollex en chair et en os en la personne de Carla Bruni qu’il adore tout autant exhiber aux caméras et appareils photos gourmands de clinquant et de brillant."
A lire chez Yves Simon (www.yves-simon.com/) dans actualité.
Hasard de la vie Erin, j'étais moi aussi à ce concert et il m'a même semblé, dans la multitude de profs présents (comme toujours au théâtre) apercevoir un prof de tes connaissances. Dingue non ?
Un pounk qui écouterait du Yves Simon, ça se saurait. T'ai-je dit que je l'avais déjà croisé à Paris en 83 ? Sans doute, vu comme je radote.
Quel chouette compte-rendu pour un Monsieur qui le vaut bien, qui vieillit bien et avec qui on partage tant de souvenirs !
Hasard : Anna (la mienne) a conversé un jour dans une bibliothèque de Grenoble (clien d'oeil à FDP) avec le père de Juliet Berto.
Grenoble ça me dit quelquechose. Juliet Berto.. non, je ne vois pas.
contente de te lire, il faudrait que je t'appelle, que je vienne. Là c'est les élections mais après je prendrais un dimanche puisque je retravaille le samedi. Vous me manquez. Joli billet.
Bisous
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