Apprendre à se taire
le 8 décembre 2009, 13:31
J’ai appris à me taire…
taire ce qui pourrait faire du mal à autrui… normal je suis socialisée.
taire ce qui me tourmente, la plupart du temps… normal je vis en couple.
taire mes rêves, mes espoirs, mes envies… au plus profond de moi… normal je suis réaliste.
Et puis j’ai appris à dire…
dire afin de partager… normal je suis humaine.
dire afin d’avancer… normal j’ai un psychisme.
dire afin d’aider les autres… normal je suis idéaliste.
Et puis j’apprends de nouveau à me taire… parce que je ne fonctionne pas comme mes “pairs” qui n’en sont pas justement.
Chaque jour je mesure la différence. Chaque jour j’accuse mon âge. Chaque jour je me demande ce que je fais avec ces pairs impairs.
Chaque jour j’y crois pourtant un peu. Chaque jour j’espère. Chaque jour je suis déçue.
Oh ce n’est pas de leur faute, non ! Mes pairs impairs ont quelque chose que je n’ai plus… la jeunesse… il y en a des aspects qui me manquent… mais d’autres dont je suis contente d’en être sortie… Et ce sont ces aspects là qui arrivent parfois à pourrir ma journée, ma soirée… Ce sont ces aspects là qui me frustrent. Ce sont ses aspects là qui me font stresser…
Je n’ai plus cette insouciance de la jeunesse. Je n’ai plus le temps non plus. Remettre à demain parce qu’on se croit éternel… envolé chez moi. Je n’ai jamais cru l’être, d’aussi loin que je me rappelle. Bien sur toute enfant sûrement que je l’ai cru… Mais depuis mon adolescence non. Cette maturité chèrement acquise m’a fait passer des semaines difficiles. Je n’arrive pas à gérer le travail en groupe quand je suis la seule à voir les jours passés et le travail qui n’avance pas. Je ne sais pas gérer. Je n’ai jamais su.
je me suis rendue compte en ce week-end si difficile que rien n’avait changé depuis 1981 dans mes relations avec mes pairs. Depuis que j’ai quitté ma ville natale pour aller m’expatrier à Paris. Depuis que j’ai perdu ce que j’étais socialement. J’étais devenue l’autre, provinciale pour les parisiens, et parisienne pour les provinciaux… Je n’étais plus intégrée. On me côtoyait mais on profitait surtout de moi… Aujourd’hui rien a changé dans le fond…
Je trouve ça dommage…
Peut-être que dans le fond le problème vient de moi… Peut-être que je ne sais pas aller vers les gens qui sauraient être dans la même optique que moi. C’est que je ne vais pas vers les autres, en fait. Je les laisse venir à moi.
Alors oui je dois me taire. Ne plus partager mes idées, mes point de vue, mes commentaires… Sans doute que je dois retourner dans ce qui a été très longtemps ma sphère sociale… ma bulle.
Commentaires
Une question Erin, est-ce qu’on ne confond pas souvent l’autre avec nos propres peurs ? Effet miroir. Longtemps, j’ai parlé pour convaincre et quand j’échouais, j’avais un sentiment d’abandon, de solitude, d’injustice. La différence était incompréhension. Voila. depuis, j’ai lâché prise. Bien contente de ce silence rompu sur la toile.
@france : Mais je ne tente pas de convaincre… je tente simplement de travailler en groupe… 3 groupes, 3 travaux faits aux derniers moments…
D’ailleurs le dernier est pour ce samedi et rien n’est fini… grrrr !!!!!!!
Confondre l’autre avec mes propres peurs… Dans ce cas non. C’est juste des façons différentes de travailler…
Erin, le week end difficile c’est celui ci ?
Je ne sais quoi dire puisque n’ayant jamais été confrontée aux études. Je suis incapable de me taire, sauf si cela peut protéger l’autre. Il faut dire, c’est une des choses que j’ai apprise en vieillissant
@Valérie de Haute Savoie : Non c’était celui du 5 décembre…
Tout est rendu. Maintenant c’est révision !
Erin, Je réalise que je n’avais pas compris ton texte: je croyais ce silence plus général et pas exclusivement appliqué à tes relations avec les étudiants. Mon commentaire tombe à l’eau. Sorry je suis.
Prendre sur soi pour ne pas s’énerver lorsque le temps défile sans qu’aucun travaux n’avance, ou prendre sur soi pour accepter que tout le monde ne souhaite pas accomplir le travail au dernier moment, ce n’est pas qu’une question d’âge : même des personnes du même âge peuvent avoir des approches radicalement différentes…
@Marchiavel : Contente de te lire.
Tu as raison, ce n’est pas qu’une question d’âge… mais dans ce cas précis, si.
En fait je n’ai pas écrit ce billet juste parce que les dossiers n’avançaient pas. C’est tout un enchaînement de faits qui a fini par m’agacer prodigieusement. Je pensais qu’en psycho, plus qu’ailleurs, j’aurais affaire à des personnes un brin psychologues… Or ce n’est pas le cas. Du coup les réactions dignes d’une cour de récréation de maternelle… j’ai fini par en avoir marre ! Tenter d’arranger les choses encore une fois c’était vraiment dépenser de l’énergie pour rien !
@france : Je crois qu’un billet est nécessaire pour expliquer toutes les raisons de mon silence… et non ton commentaire n’est pas tombé à l’eau. Il m’a permis de réfléchir plus avant… sur ce sujet et sur un autre bien plus personnel, plus intime… Alors merci
Effectivement, en ce cas, c’est une question d’âge… Les étudiants ont souvent beaucoup de points communs, quelle que soit leur filière, notamment une inexpérience flagrante de la vie et de l’amour, qui les fait se comporter de façon quasi-puérile…