Au coeur de la nuit
le 17 juillet 2010, 00:48
Il y a des fois où la force fait défaut, où la carapace se fend. Alors les larmes coulent une à une ou bien à flot, bruyamment ou silencieusement.
Il y a des fois où on en veut à une ou deux personnes, puis très vite à personne en particulier. Où c’est juste la vie qui prend toute la rancœur qui nous bouffe le cœur. Elle a bon dos la vie. Elle ne nous en veut jamais de lui jeter à la figure qu’elle est injuste. Elle reste stoïque quand nous on ne peut pas… plus.
Il y a des fois où on a conscience que seul un grain de sable vient fléchir l’équilibre qu’on a atteint. Ce grain de sable minuscule prend alors l’apparence d’une monstruosité. On sent la bile montée, la rancœur, le découragement… On n’arrive plus à raisonner, à réfléchir froidement. On tente de comprendre, d’expliquer aux autres… Mais on sait dans le fond de son cœur que la réponse est en nous et seulement en nous. Mais on ne fonctionne plus vraiment comme il faut. On ne fonctionne plus vraiment tout court. On se laisse envahir par des pensées qui tournent et retournent et retournent encore et encore. Elles laissent leur trace sur notre visage… une barre au front, des yeux dans le vague, une bouche amère… un besoin de solitude, de silence, pour mieux se cacher qu’on n’a surtout besoin des autres, de parler, de partager son fardeau devenu si lourd. On essaye de se mettre en retrait mais on ne leurre personne… et surtout pas ceux qu’on essaye de protéger.
Alors on devient plusieurs à souffrir. Plusieurs à cogiter. Plusieurs à angoisser…
Pour quel résultat ? Pour profiter encore moins de ces moments de bonheur. Tous ces moments de bonheur à savourer que notre vie si équilibrée nous offre sur un plateau… Car elle n’est pas rancunière la vie… Nous seuls le sommes…
Le bonheur ce n’est ni un endroit, ni un compte en banque toujours en vert… Le bonheur c’est des personnes, qui s’aiment, ensembles, qui partagent, qui se soutiennent, qui se comprennent, qui parlent… Le bonheur ce n’est pas la recherche de quelque chose. Ni d’accessible, ni d’inaccessible. Le bonheur c’est là maintenant…
Le mien s’appelle FDP et la Sauterelle… Il est là mon bonheur…
Et pourtant c’est aujourd’hui que je craque. C’est maintenant que j’en veux à la vie… C’est ce soir que les larmes jaillissent et se coincent dans la gorge tour à tour… C’est ce soir que je me retrouve seule devant mon clavier avec les deux personnes qui me sont les plus chères endormies à quelques pas de moi. C’est là, maintenant, ici, que mes doigts qui s’agitent pour écrire ce chagrin qui s’apaise quelque peu. Suffisamment sans doute pour que dans quelques minutes j’arrive à me coucher et tente peut être avec succès de dormir… mais certainement pas du sommeil du juste.
Mais demain ? Demain me verra-t-il à nouveau forte, raisonnable, avec toute ma capacité d’analyse ? Demain sera-t-il la continuité de ce jour ?
Quand cessera cette torture mentale que je m’inflige ? La réponse est en moi mais je ne la trouve pas… Je n’arrive pas à arrêter mon choix une bonne fois pour toute. Je n’arrive pas à faire comme d’habitude. Lorsque je prend les problèmes à bras le corps et que je bataille contre. Lorsque je réfléchi froidement et que je fais tomber une à une les barrières. Lorsque je suis courageuse et que je grimpe la montagne à la seule force de mes mains. Lorsque je met tout en œuvre pour que ça réussisse…
Pour l’instant je reste sur le coté, je regarde le train de la vie passer et je rêve à ce véritable bonheur complet pour lequel je ne sais pas me battre.
Mais il y a toujours mon FDP… mon étai, mon propulseur, mon équilibre, mon filet de protection, mon… Aimé…
Et rien que pour ça le bonheur est là… Cependant mes larmes coulent encore… seules dans la nuit… mes doigts courent sur le clavier alors qu’ils devraient le faire sur son corps… Je m’isole… me renferme… me cache… Et livre mes pensées à d’autres…
Quelle ironie !
Commentaires
Ton billet est bien émouvant Erin, et j’admire la façon dont tu livres tes pensées On dirait de petites balles, qui vont dans tous les sens pour finalement, atteindre le même but.
@Oxygène : Que dire à part qu’en relisant pour trouver les petites balles ce sont les gouttes salées que j’ai trouvé ? Sans doute que je ne peux encore y voir le style. Je n’en suis qu’à buter sur chaque pensée, chaque ressenti qui ont guidé mes mots… Seul transparaît pour moi, encore, l’émotion qui m’a submergée et a dictée ce texte…
Mais je sais qu’un jour viendra où je ne verrai plus aussi vivement cette émotion.
carpe diem c’est de la théorie.