Mais de quoi pouvait bien parler ce billet ? Rien de moins que du renoncement, à 30/40 ans, à ses idéaux de 20 ans…
J’ai failli le commenter plusieurs fois… mais ma timidité est venue m’en empêcher… et finalement c’est aussi bien… j’aurais encore eu l’air naïve, bête, voire ridicule…

Dès la première lecture, j’ai eu comme un réflexe… Regarder derrière moi pour savoir si je fais partie des “renonceurs”. Et puis me dire que, non finalement, cela n’est pas vraiment ça le problème. Après tout l’homme à ceci de particulier, qu’il évolue tout au long de sa vie… Si si ! je vous l’assure… c’est scientifique… Je l’ai appris en psycho clinique et en psycho du développement et en psycho sociale… ;-)

Bref ! Quel est le sens réel des propos de l’auteur ? Veut-il dire que s’intégrer à la société c’est renoncer à ses idéaux ? Je dis bien “s’intégrer” et je n’emploie pas le terme de “conformisme” exprès. Car selon la définition du mot, le fait de faire partie de la bande de copains tous aux mêmes idées, en l’occurrence plutôt révolutionnaires et dites “anti-conformistes”, c’est déjà être conformiste. Car après tout, être conformiste ce n’est que se plier à une certaine norme établie par un certain groupe…

Revenons à mon intégration dans la société. C’est le plus grand des groupes et nous sommes pratiquement obligés de vivre dedans. Peut-on réellement, raisonnablement, vivre sans s’intégrer dans la société avec des enfants ? un emploi ? des amis ? des besoins ? des envies ?

Là où, à mon sens, il y a confusion, c’est dans l’assimilation entre idéaux et vie dans la société. En quoi le fait d’avoir des enfants, d’habiter un HLM, d’avoir un travail pas toujours très folichon, et sembler s’en contenter, est-il un renoncement à ses idéaux ? Ne pouvons-nous pas, nous, êtres humains doués de raisonnement, vivre intégré tout en gardant ses idéaux ? Ne pouvons-nous pas les transmettre à notre progéniture parce que nous semblons intégrés ? Faut-il toujours être un rebelle, le pavé à la main pour le faire ? N’est-ce pas, justement en instillant nos idées différentes à nos enfants que nous feront bouger la société ?
N’est-ce pas nos enfants qui feront les adultes de demain ? N’est-ce pas eux qui ont entre leurs mains la possibilités de faire normaliser, demain, des idéaux minoritaires aujourd’hui ? Et pour cela ne doit-on pas leur donner le meilleur, pour qu’ils puissent être des adultes équilibrés, sachant réfléchir, et ayant la possibilité morale et matérielle de faire avancer le train des idées ?

Bien sur nous devons faire des concessions… mais les accepter n’est-ce pas la sagesse ? Faire des concessions n’est pas forcément renoncer ! Faire évoluer une société n’a jamais été possible sans concession.
Il est évident que, dans la masse des jeunes rebelles aux idéaux révolutionnaires, il y en a qui n’ont pas seulement renoncer mais retourner leur veste. Il est évident que nous ne sommes pas tous capables d’allier nos idéaux avec une vie saine et stable dans la société. Parce que nous devons faire face à de telles pressions, à tellement de difficultés que nous ployons… Mais le principal est de ne point rompre !

J’en connais qui savent allier le tout : intégration dans la société actuelle, idéaux, enfants, couples, maison, travail… C’est “seulement” plus facile pour certains que pour d’autres !
J’en connais qui ont toujours au fond d’eux leurs grandes idées de société nouvelle, différente… et qui œuvrent, à leur modeste échelle, dans ce sens !
J’en connais qui ont au fond d’eux toujours la même vue sur le monde, la même envie de changement et qui pourtant ne peuvent rien faire, ne peuvent que suivre le mouvement !
Parce qu’encore une fois, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir avoir le courage de ses idées ! Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir crier haut et fort sa rébellion ! Ce que la société tolère des jeunes, des ado ou des adulescents, elle ne le tolère déjà plus des adultes !

Alors oui, il y en a. Alors oui il y a des militants, des engagés politiques… Oui et heureusement. Mais n’est-ce pas la masse des ado rebelles intégrés dans la société qui, finalement, font le plus avancer leurs idées ?

Bien évidemment, notre conversation du matin a dérivé sur nous mêmes… Bien évidemment nous n’avons pas la même vu l’un sur l’autre. Nous n’avons pas eu les mêmes chances dans la vie, pas la même possibilité de développement de l’affirmation de soi, pas la même possibilité d’engagement. L’un a pu se rebeller ouvertement, toute proportion gardée. Tandis que l’autre à fait comme elle pouvait avec ses petits moyens, son manque d’assurance et surtout son boulet au pied… que n’ai-je traîner cette maudite appellation… “l’utopiste”. Aujourd’hui je le revendique haut et fort, mais hier je le cachais. À l’époque où lui refaisaient le monde avec ses amis, moi je me débattais entre mes convictions, mes aspirations, mes envies, mes besoins, mon environnement et une des plus dures épreuves de ma vie…

Oui je parle beaucoup et j’agis peu. Oui j’ai de grandes idées et de petites actions. Oui je ne suis que paradoxe… Mais je n’ai pas appris, je n’ai pas ce courage là… J’ai ployé, j’ai parfois eu l’impression de rompre… j’ai même du rompre durant quelques années… Mais jamais je n’ai cessé, même si je l’avais enfoui profondément, de penser que je voulais une autre société. Apolitique je l’ai été des années… mais mes idéaux, eux, ont un certain courant…
Rebelle je le suis, autant que lui. Mais si on nous regarde de loin… superficiellement… sans doute qu’on nous taxerait de renoncement. Nous faisons comme nous pouvons, avec ce que nous avons… et bien souvent avec ce qu’on nous laisse de liberté !

Oui j’ai encore et toujours des rêves de pavés dans la main… Mais mon souci premier est de vivre… de me réaliser. Je me sens intègre, fidèle à ce que j’ai toujours été au plus profond de moi. J’ai composer et me suis conformer aux yeux de certains… certainement aux yeux de ses jeunes prônant le blocage par exemple. Trop sage Erin ? Alors que ça bout en moi ?

Mes grandes idées, j’espère les transmettre de plusieurs façons.
À ma fille, en lui montrant ce que je ne trouve pas juste dans notre société, en lui apprenant ce qu’est la tolérance, mais aussi la chance d’avoir et de dire ses opinions, en lui apprenant que ce n’est pas mauvais d’avoir les siens et de les assumer, mais qu’il faut une bonne dose d’honnêteté et encore plus de lucidité pour ça… je voudrais lui donner la possibilité d’avoir le courage d’allier vie adulte et envie de changement de société…
Et puis, je l’espère, avoir la chance de transmettre dans mon travail, les valeurs que je prône.

Je n’ai pas de jalousie envers ceux qui ont la possibilité de vivre selon leurs convictions de 20 ans sans faire de concessions. C’est très bien ! Mais qu’au moins ils aient l’honnêteté de reconnaître le courage de ceux qui font au mieux avec ce qu’ils ont. Même s’ils semblent avoir renoncer.

Arriver au crépuscule de sa vie et vivre en harmonie avec soi. Pouvoir se retourner et ne pas trop se décevoir. Voilà pour moi ce qui compte le plus… J’appelle ça la sagesse !
Et si en plus arriver à transmettre à ses enfants, aux enfants ses valeurs, ses idéaux… J’appelle ça réussir sa vie !

Edit :

Avant de publier, je suis retournée voir les commentaires. Il semble que l’on ait mal interprété les propos de l’auteur. C’est pourquoi je n’ai fait aucun lien, ni d’ici vers chez lui, ni de chez lui à ici (lors de mon commentaire).
Mais, comme je ne réfute pas mes mots ci-dessus, et après bien des tergiversations… j’ai pris la décision de mettre en ligne malgré tout, et en l’état.

Si d’aventure il arrive sur ce billet… j’espère qu’il comprendra que j’ai voulu en premier lieu exposer mes pensées avant que de condamner ses écrits tels que je les avaient compris. Je ne voudrais en aucun cas qu’une personne que j’admire dans ses écrits, dans sa façon de dire ce qu’il vit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense, puisse avoir une fausse idée de moi…