Ferrat est parti… Et remonte à ma mémoire tout un pan de mon enfance en écoutant l’émission spéciale sur France Inter.

J’ai d’abord été surprise par sa voix lorsqu’il parle… Une voix tellement différente… Puis j’ai écouté les mots de cet auteur compositeur interprète tellement polémique à la maison.
Le Ferrat autorisé était celui des chansons d’amour, des chansons “divertissement”. Ne surtout pas écouter l’homme parler, ne surtout pas écouter le chanteur engagé…

Tandis que moi, celui qui me plaisait était le Ferrat de “Potemkine”. C’est par cette chanson que je l’ai découvert. C’est par elle que j’ai appréhendé le communisme… celui auquel mes grands-parents maternels avaient la carte, parmis les premiers de leur département.
Le gauchiste, le rouge n’avait pas sa place. J’ai souhaité avoir son disque “Camarade”, L’horreur s’est peint sur le visage de ma mère… Et pourtant comme ce mot est beau…

En bonne fille, j’ai fait l’impasse… Ma révolte je l’ai chanté… Et lors des heurts avec ma mère, je fredonnais tout bas  :

“M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan
M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents
Ma mémoire chante en sourdine : Potemkine.”


Aujourd’hui, je redécouvre des textes sur lesquels ma mère s’est butée… et je ne comprends pas… Et je m’en veux de ne pas avoir su aller au dela des interdits familiaux. Je m’en veux de n’avoir été qu’une révoltée de cœur et pas d’action… moi l’utopiste…

“Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis au charnier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Potier
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s’éteignaient pour la Commune
Ecoute bien chanter Clément.”


Comme il a bien chanté cette période que j’aime tant…